Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/1056

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le remboursement de ses avances ; qu’aujourd’hui il voulait bien encore nous donner une petite somme, mais rien de plus. Je m’adressai donc à Leptines ; et il est juste de féliciter ce dernier, non de t’avoir prêté, mais de l’empressement avec lequel il l’a fait et du zèle qu’il a toujours montré [362c] dans ses discours et dans ses actions pour tes intérêts. Il faut en effet que je t’instruise fidèlement des bonnes comme des mauvaises dispositions de chacun a ton égard. Je te dirai donc franchement ma pensée sur l’état de tes affaires, que je connais parfaitement. Ceux qui doivent te rendre des comptes ne veulent pas parler des dépenses parce qu’ils craignent de te mécontenter. [362d] Recommande-leur, force-les de t’instruire exactement là-dessus comme sur le reste. Il faut autant que possible que tu voies tout, que tu sois juge de tout, et que tu n’évites jamais aucun éclaircissement. C’est ce qui convient surtout à un prince. Tu n’ignores pas et tu conviendras toujours qu’il importe à la bonne administration de tes biens et à les intérêts que les dépenses soient justifiées et les paiements exactement faits. Ne te laisse donc plus calomnier auprès des hommes par ceux mêmes qui se vantent de te servir. Cela te nuit et ne [362e] tourne pas à ta gloire.

J’arrive à présent à Dion. Avant ta réponse, je ne puis rien dire sur les autres points, mais pour ceux dont tu m’as défendu de lui parler, je ne lui ai fait aucune communication. Cependant je l’ai sondé pour découvrir s’il s’en fâcherait ou non, et il m’a paru qu’il en serait vivement blessé. Pour tout le reste, je n’ai trouvé dans les discours et dans les actions de Dion que des dispositions très modérées à ton égard.

[363a] Nous donnerons à Cratinus, frère de Timothée et mon ami, une cuirasse de notre belle infanterie pesamment armée, et aux filles de Cébès, trois robes de sept