Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/225

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n’est-ce pas une nécessité qu’alors pour la plupart du temps on change d’opinions, que ce qui avait paru grand paraisse petit, difficile ce qu’on avait cru aisé, et qu’enfin sur tous les points la réalité renverse les fantômes produits par des discours mensongers ?

THÉÉTÈTE.

Oui, autant du moins que j’en puis juger à mon âge; car, je le sais, je suis du nombre de ceux qui sont encore fort loin de la vérité.

L’ÉTRANGER.

C’est pour cela que nous tous que voici, nous nous efforcerons, et nous nous efforçons dès à présent de t’en rapprocher le plus possible, sans que tu aies besoin de recevoir l’impression même des choses. Pour revenir au sophiste, dis-moi s’il n’est pas devenu clair pour nous que c’est une espèce de charlatan, habile dans l’art de l’imitation, ou sommes-nous encore incertains s’il ne possède pas réellement la science de toutes les choses sur lesquelles il est capable de discuter ?

THÉÉTÈTE.

Impossible, étranger. Il est à peu près prouvé, par ce que nous avons dit,.qu’il doit être mis au nombre des faiseurs de badinages.

L’ÉTRANGER.

Ainsi, nous ne mettons parmi les charlatans et les imitateurs ?