Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/227

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


le poursuivre et décomposer sans relâche l’espèce qui le renfermera jusqu’à ce qu’il soit pris. A coup sûr, ni lui ni qui que ce soit ne saurait échapper à des gens qui savent embrasser ainsi les choses dans le détail comme dans l’ensemble.

THÉÉTÈTE.

C’est bien parler. Voilà comme il faut nous y prendre.

L’ÉTRANGER.

En suivant donc notre première méthode de division, je crois apercevoir deux espèces de l’art d’imiter ; mais de savoir dans laquelle des deux se trouve celle que nous cherchons, c’est ce dont je ne crois pas pouvoir me flatter encore.

THÉÉTÈTE.

Dis-nous toujours, en attendant, quelles sont ces deux espèces.

L’ÉTRANGER.

Je vois dans l’art d’imiter, d’abord l’art de copier ; c’est particulièrement quand on opère l’imitation en reproduisant les proportions du modèle en longueur, largeur et profondeur, et en y ajoutant les couleurs convenables.

THÉÉTÈTE.

Mais quoi, n’est-ce pas là ce que s’appliquent à faire tous ceux qui veulent imiter un objet ?

L’ÉTRANGER.

Non pas ceux du moins qui exécutent de