Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/269

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THÉÉTÈTE.

Fort bien.

L’ÉTRANGER.

Mais quoi, par Jupiter ! nous persuadera-t-on si facilement que, dans la réalité, le mouvement, la vie, l’âme, l’intelligence, ne conviennent pas à l’être absolu ? que cet être ne vit ni ne pense, et qu’il demeure immobile, immuable, sans avoir part à l’auguste et sainte intelligence ?

THÉÉTÈTE.

Ce serait consentir, cher Éléate, à une bien étrange assertion.

L’ÉTRANGER.

Ou bien lui accorderons-nous l’intelligence, en lui refusant la vie ?

THÉÉTÈTE.

Cela ne se peut.

L’ÉTRANGER.

Ou bien encore dirons-nous qu’il y a en lui l’intelligence et la vie, mais que ce n’est pas dans une âme qu’il les possède ?

THÉÉTÈTE.

Et comment pourrait-il les posséder autrement ?

L’ÉTRANGER.

Enfin, que doué d’intelligence, d’âme et de vie, tout animé qu’il est, il demeure dans une complète immobilité ?