Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/530

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choses, et ne se mêlent pas à certaines autres. Ces différentes sortes d’idées seraient, suivant lui, celles dont il est question un peu plus bas, l’être, le repos et le mouvement, le même et l’autre. Par μίαν ἰδέαν διὰ πολλών, ἑνὸς ἑκάστου κειμένου χωρὶς, πάντῃ διατεταμένην, il faudrait entendre l’être, en prenant διὰ πολλών pour l’équivalent de δια πάντων. Πολλὰς ἑτέρας ἀλλήλων ὑπὸ μιᾶς ἔξωθεν περιεχομένας se rapporterait à l’idée du même, qui embrasse plusieurs idées différentes d’une manière toute extérieure, ἔξωθεν, comme par exemple le mouvement et le repos dont on peut dire qu’ils sont le même, en tant qu’ils sont l’un et l’autre, quoique absolument différents entre eux. Μίαν αὖ δι’ ὅλων πολλῶν ἐν ἑνὶ ξυνημμένην se rapporterait à l’idée de l’autre, qui réunit plusieurs choses par leur rapport commun à une seule, ἐν ἑνί, autre qu’elles toutes. Enfin, πολλὰς χωρὶς πάντῃ διωρισμένας désignerait les idées opposées telles que le mouvement et le repos, etc., qui n’ont rien de commun l’un avec l’autre. Heindorf remarque fort bien que μία ἰδέα διὰ πολλῶν, etc., ne s’applique pas moins bien aux idées du même et de l’autre, qu’à l’idée de l’être. On peut ajouter que πολλὰς ἑτέρας ἀλλήλων, etc., s’appliquerait aussi bien à l’idée de l’autre qu’à celle du même, même en donnant à l’expression ἔξωθεν περιεχομένας la force que lui attribue Schleiermacher ; car la différence des choses en tant qu’elles diffèrent