Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/652

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ville ait jamais accomplie, et qui devrait être aussi la plus renommée, mais dont le temps et la mort de ceux qui l’avaient faite n’ont pas permis que la tradition subsistât jusqu’à nous. — Raconte-moi dès le commencement, reprit l’autre, ce qu’en disait Solon, et comment et de qui il l’avait ouïe comme une histoire véritable.

[21e] En Égypte, dit Critias, dans le Delta formé par le Nil qui, se divisant au sommet du triangle, l’enveloppe de ses bras, on trouve le Nome Saïtique dont la plus grande ville, Saïs, est la patrie du roi Amasis[1]. Les habitants ont pour protectrice de leur ville une déesse dont le nom égyptien est Neïth, et qui, suivant eux, est la même que l’Athéné[2] des Grecs. Ils aiment beaucoup les Athéniens, et ils se disent de la même origine. Arrivé à Saïs, Solon, comme il nous l’a raconté lui-même, [22a] fut fort bien reçu ; il interrogea les prêtres les plus instruits sur l’histoire des temps anciens, et il reconnut qu’on pouvait presque dire qu’auprès de leur science, la sienne et celle de tous ses compatriotes n’était rien. Un jour, voulant engager les prêtres à parler de l’antiquité, il se mit à leur raconter ce que nous savons de plus ancien, Phoronée dit le Premier,

  1. Hérodote, II.
  2. Pallas, Minerve.