Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/655

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puériles. D’abord, vous ne parlez que d’un seul déluge, quoiqu’il y en ait eu plusieurs auparavant ; puis, la plus belle et la plus vaillante race qui ait jamais existé dans votre pays, vous n’en faites pas mention, bien que toi-même et [23c] tous tes compatriotes aujourd’hui vous tiriez votre origine d’un des germes de cette race échappé au commun désastre. Vous ignorez tout cela, parce que les survivants et leurs descendants demeurèrent longtemps sans avoir la connaissance des lettres. Car déjà autrefois, Solon, avant la grande destruction opérée par le déluge, la ville qui est aujourd’hui Athènes, excellait dans la guerre ; elle était renommée par la perfection de ses lois ; et ses actions et son gouvernement l’élevaient au-dessus de toutes les cités que nous ayons connues sous [23d] le ciel.

Solon nous raconta qu’étonné de ce discours, il conjura les prêtres de lui apprendre exactement tout ce qu’ils savaient de l’histoire de ses aïeux. Je ne t’en ferai pas un secret, Solon, répliqua le vieux prêtre ; je satisferai ta curiosité, par égard pour toi et pour ta patrie, et surtout pour honorer la déesse, notre commune protectrice, qui a élevé et institué votre ville ainsi que la nôtre, [23e] Athènes issue de la Terre et de Vulcain et Saïs mille ans après. Depuis l’établissement de notre ville, nos livres sacrés parlent d’un