Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/660

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se prêtait de bon cœur à répondre à toutes les questions que je lui faisais ; aussi, tout cela est-il gravé dans ma mémoire en caractères ineffaçables. Ce matin, j’ai déjà fait ce récit à mes compagnons pour leur donner un sujet de conversation avec moi. Maintenant, pour remplir le but de notre réunion, je suis prêt à exposer ici non seulement les points généraux, mais encore tous les détails, tels que je les ai entendus. Supposons que les citoyens et la république que tu nous as montrés hier comme imaginaires [26d] soient réels, que cette république soit la tienne et que tes citoyens soient nos ancêtres dont parle le prêtre égyptien. Tout cela s’accordera parfaitement, et il ne sera pas absurde de dire que tes citoyens et nos ancêtres sont les mêmes. Nous essayerons donc de notre mieux de nous acquitter du rôle que tu nous as imposé. C’est à toi maintenant, Socrate, à voir si le sujet est convenable, [26e] ou s’il faut en chercher un autre.

SOCRATE.

Et quel autre sujet, ô Critias, pourrions-nous choisir, qui se rattachât plus intimement à la fête de la déesse, qu’on célèbre en ce jour ? d’autant plus qu’il ne s’agit point ici d’une fiction, mais d’une histoire véritable. Où donc et comment trouver un sujet meilleur ? Non, il vous faut continuer sous d’aussi bons auspices ; quant