Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/665

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faut s’en contenter et bien te rappeler que moi qui parle [29d] et vous qui jugez, nous sommes tous des hommes, et qu’il n’est permis d’exiger sur un pareil sujet que des récits vraisemblables.

SOCRATE.

Très bien, Timée ! on ne peut attendre que cela. Nous avons admiré l’introduction ; maintenant continue sans t’interrompre, et achève le discours.

TIMÉE.

Disons la cause qui a porté le suprême ordonnateur à produire [29e] et à composer cet univers. Il était bon ; et celui qui est bon, n’a aucune espèce d’envie. Exempt d’envie, il a voulu que toutes choses fussent, autant que possible, semblables à lui-même. Quiconque, instruit par des hommes sages, admettra ceci comme la raison principale [30a] de l’origine et de la formation du monde, sera dans le vrai. Dieu voulant que tout soit bon et que rien ne soit mauvais, autant que cela est possible, prit la masse des choses visibles qui s’agitait d’un mouvement sans frein et sans règle, et du désordre il fit sortir l’ordre, pensant que l’ordre était beaucoup meilleur. Or, celui qui est parfait en bonté n’a pu et ne peut rien faire qui ne soit très bon. [30b] Il trouva que de toutes les choses visibles, il ne pouvait absolument tirer aucun ouvrage qui fût plus beau