Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/68

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outre, refuser la compagnie des hommes tant qu’ils ont leurs enveloppes matérielles, et entrer en commerce avec eux dès que leur âme est affranchie de tous les maux et de tous les désirs du corps, n’est-ce pas là, à ton avis, être philosophe, et avoir bien su comprendre que le meilleur moyen de retenir les mortels est de les enchaîner par le désir de la vertu ; mais que tant qu’ils sont sujets à l’obsession et aux folies du corps, il n’y a pas moyen de les fixer auprès de soi, quand même le père de ce dieu, Cronos, y emploierait ces fameux liens qui ont gardé son nom[1].

HERMOGÈNE.

Tu pourrais bien avoir raison, Socrate.

SOCRATE.

Il s’en faut donc beaucoup, Hermogène, que ce nom de Haidès soit tiré du mot ténébreux, ἀειδής ; c’est plutôt la propriété de connaître, εἰδέναι, tout ce qui est beau, qui lui fait donner ce nom par le législateur.

HERMOGÈNE.

Soit. Mais que dirons-nous de Dêmetêr[2],

  1. Les liens de Cronos, dont Jupiter l'avait enchaîné : expression devenue proverbiale. Voyez Lucien, Saturnales, X.
  2. Cérès.