Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/687

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entraînant à leur tour ; de sorte que [43b] l’animal tout entier était agité sans ordre, sans raison, au hasard, par tous les six mouvements, en avant et en arrière, à droite et à gauche, en haut et en bas, dans tous les sens. Le flot qui, en s’avançant et se retirant, apporte au corps sa nourriture, était déjà assez agité ; il devint encore plus désordonné par l’impulsion qu’il reçut du dehors, quand le corps fut offensé [43c] par un feu extérieur à lui, par la dureté de la terre, par les exhalaisons humides de l’eau ou par la violence des vents portés par l’air, mouvements qui tous passent du corps jusqu’à l’âme et qui ont été depuis et sont encore aujourd’hui appelés en général sensations. Ces sensations excitèrent alors de grandes et nombreuses émotions, et, venant à se rencontrer [43d] avec le courant intérieur, agitèrent violemment les cercles de l’âme, arrêtèrent entièrement par leur tendance contraire le mouvement du même, l’empêchèrent de poursuivre et de terminer sa course, et introduisirent le désordre dans le mouvement du divers, de sorte que les trois intervalles doubles, et les trois intervalles triples, avec les intervalles d’un plus un demi, d’un plus un tiers et d’un plus un huitième, qui leur servent de liens et de moyens termes, ne pouvant être complètement détruits sans l’intervention de celui qui les a formés, fu-