Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/690

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corps serait capable de se mouvoir dans tous les sens. Et, comme il y a sur la terre toutes sortes d’éminences que la tête en roulant [44e] n’aurait pu franchir, et de cavités d’où elle n’aurait pu sortir, ils lui donnèrent le corps comme un char pour la porter. Le corps reçut pour cela de la longueur, et la Providence divine lui donna quatre membres qui s’étendent et se replient, au moyen desquels il saisit les objets et s’appuie sur eux pour pénétrer en quelque lieu que ce soit, [45a] portant dans l’endroit le plus élevé de nous-mêmes la demeure de la partie la plus sainte et la plus divine de notre être. Voilà pourquoi nous avons tous des pieds et des mains. Jugeant que les parties antérieures de notre corps sont plus nobles et plus propres à commander que les parties postérieures, les dieux voulurent que notre mouvement se fît plutôt en avant qu’en arrière. Il fallut donc que le devant de notre corps fût distinct de l’autre côté, et formé différemment. Pour cela, sur le globe de la tête, ils placèrent d’abord le visage, et sur le visage les organes [45b] de toutes les facultés de l’âme. Ils firent participer à la direction de notre être la partie qui occupe le devant, comme la nature le voulait. Le premier organe qu’ils fabriquèrent est l’œil qui nous apporte la lumière ; et voici dans quel but : ils composèrent un corps