Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/697

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vraisemblance aux parties dont les syllabes se composent[1]. Mais voici ce que je vous déclare : Je n’entreprendrai point de vous exposer la cause ou les causes et les raisons, quelles qu’elles soient, de tout ce qui existe, et je m’en abstiens pour ce seul motif qu’il serait trop difficile d’expliquer sur cela son sentiment, en se conformant au plan de ce discours. N’attendez pas cela de moi, et moi-même il ne faut pas que je me persuade que je sois en état d’accomplir [48d] une si grande entreprise. Mais, me renfermant dans la vraisemblance, comme je l’ai fait depuis le commencement de ce discours, je tâcherai d’émettre des opinions qui ne soient pas moins vraisemblables que celles des autres, et de traiter de nouveau mon sujet dans son ensemble et dans ses détails avec plus d’étendue qu’auparavant. Invoquons encore, avant de poursuivre, la Divinité qui nous a conduits jusqu’ici, afin qu’elle nous guide, dans cette recherche ardue et inaccoutumée, [48e] vers des doctrines vraisemblables.

Distinguons un plus grand nombre de principes que nous ne l’avons fait au commencement ; alors nous ne parlions que de deux espèces

  1. Les parties dont les syllabes se composent s’appelaient aussi éléments, τὰ στοιχεῖα.