Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/706

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sans équilibre elle-même, poussée de tous côtés et irrégulièrement, recevant des corps une impulsion qu’elle leur rendait à son tour. Cette impulsion leur imprimait des mouvements différents, et les séparait les uns des autres ; et de même que quand on agite des grains, et qu’on les vanne, soit dans un van ou dans un autre instrument propre à nettoyer le blé, [53a] tout ce qui est épais et pesant tombe d’un côté, tandis que les parties les plus petites et les plus légères sont emportées ailleurs ; ainsi les quatre espèces de corps étant mis en mouvement par l’être qui les contenait, et qui était lui-même agité comme un instrument propre à vanner du grain, les parties les plus différentes se séparaient les unes des autres, et les plus semblables se portaient vers le même lieu, de sorte que chacun de ces quatre corps occupait une place séparée, avant que l’univers fût formé de leur assemblage. Auparavant, tout était sans raison et sans mesure ; [53b] et à la formation de l’univers, le feu, l’eau, la terre et l’air, qui présentaient déjà l’aspect propre à chacun d’eux, se trouvaient cependant dans l’état où doit se trouver tout être dont Dieu est absent ; il les prit dans cet état, et introduisit l’ordre au milieu d’eux pour la première fois, par le moyen des idées et des nombres. Dieu les tira de l’imperfection où ils étaient, pour les rendre aussi beaux et aussi