Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/707

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parfaits que possible : que ce soit là notre principe constant dans tout ce qui va suivre. Il faut maintenant vous exposer l’ordre établi en chacun d’eux, [53c] et vous montrer l’origine de cet ordre. Ce sont des discours qu’on n’est pas accoutumé à entendre ; mais, comme vous connaissez les routes de la science par lesquelles nous serons obligés de passer, vous serez en état de me suivre.

D’abord c’est une chose évidente pour tout le monde que le feu, la terre, l’eau et l’air sont des corps. Tout ce qui a l’essence du corps a de la profondeur, et il est de toute nécessité que ce qui a de la profondeur contienne en soi la nature du plan. Une base dont la surface est parfaitement plane, se compose [53d] de triangles. Tous les triangles dérivent de deux triangles, ayant chacun un angle droit et deux angles aigus. L’un de ces triangles a de chaque côté une partie égale d’un angle droit divisée par des côtés égaux ; l’autre, des parties inégales d’un angle droit, divisées par des côtés inégaux[1]. Telle est l’origine que nous assignons au feu et aux trois autres corps, en suivant la vraisemblance mêlée de certitude. Quant aux principes de ces triangles eux-mêmes, Dieu qui est au-dessus de nous,

  1. Le triangle rectangle isoscèle, et le triangle rectangle scalène.