Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/714

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l’intelligence, Dieu les a exactement réglées et accomplies de tout point avec harmonie.

D’après tout ce que nous avons dit sur ces différents genres de corps, voici [56d] ce qui paraît le plus vraisemblable. La terre, mise en contact avec le feu et dissoute par sa subtilité, erre ça et là, en état de dissolution, dans le feu lui-même, ou dans l’air, ou dans une masse d’eau, jusqu’à ce que ses parties, venant à se rencontrer quelque part, se réunissent de nouveau les unes aux autres, et redeviennent terre ; car elles ne peuvent se transformer en un corps d’un autre genre[1]. Mais l’eau, divisée par le feu, ou même par l’air, peut devenir, en se recomposant, un corps de feu ou deux [56e] corps d’air. Quant à l’air, lorsqu’il est décomposé, d’une seule de ses parties peuvent naître deux corps de feu. Réciproquement, lorsque du feu est renfermé dans de l’air, dans de l’eau ou dans quelque partie de terre, mais en petite quantité, relativement à la masse qui le contient, si, emporté dans le mouvement de cette masse, il est vaincu malgré sa résistance et se décompose, il faut deux corps de feu pour former une seule partie d’air ; et quand l’air est vaincu, et que ses parties se

  1. Parce que la terre est formée par des cubes, dont l’élément générateur est le triangle isocèle. L’élément commun des trois autres espèces est le scalène.