Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/722

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connues que les autres, et on les désigne par des noms : l’une est le vin, qui réchauffe l’âme en réchauffant le corps ; l’autre est cette espèce polie, qui épanouit la vue, et que cela même rend luisante aux yeux et qui paraît brillante et grasse, l’espèce huileuse, qui comprend la poix, la gomme, l’huile elle-même et tous les autres corps analogues ; la troisième est celle qui, en chatouillant notre palais [60b] et jusqu’aux voies de la nutrition, produit la sensation de douceur, et que l’on distingue des autres espèces par le nom de miel ; la quatrième enfin est cette liqueur écumante qui consume la chair en la brûlant, que l’on sécrète de tous les sucs, et que l’on appelle l’opium[1].

Quant aux espèces diverses de la terre, l’une d’elles, la pierre, est produite par l’action de l’eau, et voici de quelle façon. Lorsque l’eau fusible vient à se fondre, parce que la cohésion de ses parties est détruite, elle se transforme en air ; cet air s’élève [60c] aussitôt à la place que l’air doit occuper. Et comme il n’y avait pas de vide, l’air nouvellement formé comprime l’air qui l’environne ; et celui-ci étant pesant et serré contre la masse de la terre qu’il enveloppe,

  1. Aristote, de Sensu, § 88. Pline, H. N. XIX. 3, et Saumaise.