Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/723

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la comprime fortement et la contraint de remplir la place qu’occupait l’air qui vient de se former. La terre ainsi contractée sous la pression de l’air, de manière à ne pouvoir plus être dissoute par l’eau, devient une pierre de la plus belle espèce, si l’égalité et l’uniformité de ses parties la rendent brillante, et de l’espèce la moins précieuse dans le cas contraire. Lorsque par la vivacité du feu toute [60d] humidité est enlevée, et que la terre est plus desséchée qu’elle ne l’est pour former la pierre, il en résulte cette espèce de corps que nous avons nommé la tuile ; mais si la terre que l’on a desséchée au feu renferme encore quelque humidité, elle devient en se refroidissant une pierre de couleur noire[1]. Ou bien quand elle a été ainsi dégagée d’une grande partie de l’eau qu’elle contenait, mais que ses parties sont plus petites, et qu’elle est salée, il se forme un corps à demi solide, et susceptible de se dissoudre de nouveau dans l’eau ; c’est le nitre qui purifie l’huile et la terre, ou le sel, assaisonnement si utile [60e] en tout ce qui se rapporte au goût et que la loi nous représente comme agréable aux dieux. Les composés de ces deux corps ne sont pas solubles dans l’eau, et peuvent être dissous par l’action du feu ; voici com-

  1. Le basalte, d’après Lindau.