Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/730

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terre, il nous arrive d’enlever des corps formés de terre, ou de jeter la terre elle-même, par une impulsion violente, au milieu de l’air, substance différente ; et cela, contre la nature de ces deux corps, qui tendent à rester [63d] avec les corps de la même espèce. Alors la plus petite partie, cédant à l’impulsion plus facilement que la plus grande, s’élève davantage dans cette substance différente ; en conséquence nous appelons cette partie légère, et le lieu vers lequel elle monte, le haut, et nous donnons à leurs contraires les noms de pesant et de bas. Il est donc nécessaire que ces différences proviennent de ce que des lieux opposés les uns aux autres ont été assignés aux diverses espèces de densité ; car on trouvera qu’à un corps léger placé dans un certain lieu a été opposé vis-à-vis de lui, à côté, de toutes parts, un autre corps léger, qui lui correspond, dans un lieu opposé lui-même à celui-là ; [63e] à un corps pesant, un autre corps pesant ; à un point que l’on appelle le haut ou le bas, un autre point qui porte les mêmes noms. De tout cela, il faut tirer cet unique principe, que c’est la tendance de chaque chose à se réunir aux choses de même espèce, qui rend pesant ce qu’on soulève, qui fait appeler haut le point vers lequel tend notre effort, et donner les autres noms aux qualités et aux positions contraires. Telles sont