Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/732

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dans la partie affectée, [64c] sans rien mouvoir à l’entour, de sorte que les parties dont ils se composent ne se communiquant pas les unes aux autres la première impression reçue, l’animal entier reste immobile, et l’impression n’est pas suivie de sensation. C’est ce qui arrive pour les os, les cheveux et les autres parties du corps qui sont principalement composées de terre ; et les phénomènes que nous avons décrits les premiers, ont lieu surtout pour la vue et pour l’ouïe, parce que le feu et l’air jouent un grand rôle dans ces deux sens. Voici ce qu’il faut penser du plaisir et de la peine[1]. Toute impression forte produite en nous contre nature et [64d] avec violence, est douloureuse ; toute impression forte, mais naturelle, est agréable ; les impressions moins fortes et qui nous affectent faiblement, sont insensibles ; et les impressions contraires ont des effets contraires. Toute impression naturelle et instantanée peut procurer une sensation même très prononcée, mais sans peine ni plaisir, comme il arrive dans la vision, qui est produite pendant le jour, ainsi que nous l’avons montré précédemment[2], par un feu de même nature que notre feu intérieur. En effet, il y a pour la vue des coupures

  1. Voyez le Philèbe et la République, l. IX.
  2. Page 145.