Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/734

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mortelle de l’âme, mais il y a très grand plaisir. C’est ce qu’on peut remarquer pour les bonnes odeurs. Mais le contraire a lieu, lorsque le dérangement a été très grand [65b] et que le retour au premier état se fait faiblement et difficilement. Cela se voit dans les coupures et les brûlures du corps.

Nous avons énuméré presque toutes les impressions communes à tout le corps, et les noms correspondants qu’on a donnés à ce qui les produit. Efforçons-nous maintenant de faire connaître, si nous le pouvons, les impressions particulières à certaines parties de notre corps, et les causes qui les font naître. Il faut d’abord éclairer, autant [65c] que possible, ce que nous avons omis tout à l’heure, en parlant des sucs, à savoir les impressions propres à la langue. Il est évident que ces impressions résultent, comme la plupart des autres, de certaines contractions et expansions ; mais en outre, l’aspérité et le poli y ont plus de part que dans les autres impressions. Car, lorsque des objets composés de terre pénètrent dans les veines dirigées de la langue [65d] jusqu’au cœur comme des messagères, et que, placés dans les parties humides et molles de la chair, ils viennent à se liquéfier, alors ils contractent et dessèchent les veines, et nous paraissent aigres, s’ils sont plus rudes, et surs, s’ils le sont