Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/740

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l’a produite est brillant et resplendissant. [68b] L’espèce de feu qui tient le milieu entre celles dont nous avons parlé, qui parvient jusqu’à l’humeur contenue dans l’œil et se mêle avec elle, mais sans briller, et qui, par son éclat mêlé à cette substance humide, présente la couleur du sang ; cette espèce a reçu le nom de rouge. Le brillant mêlé au rouge et au blanc devient le fauve. Dans quelle proportion ce mélange a-t-il lieu, c’est ce qu’il ne serait pas sage de dire, quand même on le saurait, puisqu’il serait impossible d’en donner la raison nécessaire ou probable d’une manière satisfaisante. Le rouge, mélangé [68c] avec le noir et le blanc produit le pourpre ; cette couleur est plus foncée quand le mélange qui la compose a été brûlé, et a reçu une plus grande quantité de noir. Le roux résulte d’un mélange de fauve et de brun ; le jaune, du blanc mêlé au fauve. Le blanc uni au brillant, avec un mélange convenable de noir, donne le bleu, qui, mêlé avec du blanc, produit une couleur glauque ; le roux avec le noir fait du vert. On peut [68d] aisément conjecturer, d’après ces exemples, ce qu’on peut dire des autres mélanges, si on veut en parler avec vraisemblance. Mais tenter de réaliser ces mélanges, ce serait ignorer la différence qui sépare la nature humaine et la nature divine. Dieu est assez intelligent et assez