Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/743

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mortelle, siége d’affections violentes [69d] et fatales : d’abord le plaisir, le plus grand appât du mal ; puis la douleur qui fait fuir le bien ; l’audace et la peur, conseillers imprudents ; la colère implacable, l’espérance que trompent aisément la sensation dépourvue de raison et l’amour qui ose tout. Ils soumirent tout cela à des lois nécessaires, et ils en composèrent l’espèce mortelle ; mais craignant de souiller par ce contact, plus que ne l’exigeait une nécessité absolue, l’âme divine, ils assignèrent pour demeure à l’âme mortelle une autre [69e] partie du corps, et construisirent entre la tête et la poitrine une sorte d’isthme et d’intermédiaire, mettant le cou au milieu pour la séparation. Ce fut donc dans la poitrine et dans ce qu’on appelle le tronc, qu’ils logèrent l’âme mortelle ; et comme il y avait encore dans cette âme mortelle une partie meilleure et une pire, ils partagèrent en deux l’intérieur du tronc, le divisèrent comme on fait pour séparer l’habitation [70a] des femmes de celle des hommes, et mirent le diaphragme au milieu comme une cloison. Plus près de la tête, entre le diaphragme et le cou, ils placèrent la partie virile et courageuse de l’âme, sa partie belliqueuse, pour que, soumise à la raison et de concert avec elle, elle puisse dompter les révoltes des passions et des désirs, lorsque ceux-ci