Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/757

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par le froid de l’air au dehors, qui contracte chaque cheveu séparé de la peau. C’est ainsi que celui qui nous a formés a rendu notre tête velue, en employant les moyens que nous avons décrits et dans l’intention de se servir des cheveux au lieu de chair pour protéger [76d] le cerveau par une enveloppe légère, également propre à lui fournir de l’ombre pendant l’été et un abri pendant l’hiver, et incapable d’apporter aucun obstacle à la vivacité de la sensation. Ce qui recouvre les doigts est composé de nerf, de peau et d’os ; c’est un mélange de ces trois choses, desséchées et réunies en un tout pour former une peau dure ; voilà les causes secondaires ; mais la véritable cause est la prévoyance de ce qui devait arriver. Ceux qui nous ont fait naître savaient que des hommes il devait sortir un jour des femmes et d’autres [76e] animaux, et que beaucoup de créatures avaient besoin de griffes pour divers usages ; c’est pourquoi ils préparèrent déjà, en formant l’homme, la production des griffes. C’est dans ce dessein et pour ces motifs qu’ils nous donnèrent de la peau et des cheveux, et qu’ils armèrent d’ongles l’extrémité de nos membres.

Lorsque toutes les parties et tous les membres de l’animal mortel furent réunis [77a] en un tout, comme cet animal devait nécessairement vivre