Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/759

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Quand les êtres divins, dont la nature est si supérieure à la nôtre, eurent produit toutes ces espèces nouvelles pour nous servir de nourriture, ils pratiquèrent dans notre corps une certaine quantité de canaux, comme on fait dans les jardins, afin de l’arroser comme par le cours d’un ruisseau. D’abord ils conduisirent des canaux cachés [77d] sous la peau et la chair, les deux veines dorsales, l’une à droite et l’autre à gauche, suivant la division de notre corps[1]. Ils les placèrent le long de l’épine dorsale, et firent couler au milieu d’elles la moelle génitale, pour que cette moelle ait plus de vigueur et que, coulant avec plus de facilité sur les autres parties au moyen de cette pente, elle les arrose d’une façon uniforme. Ensuite ils répandirent autour de la tête plusieurs veines qui, partant de points opposés, venaient s’enlacer les unes [77e] dans les autres, et de là parcouraient tout le corps, les unes de droite à gauche et les autres de gauche à droite, pour servir avec la peau à lier la tête au reste du corps, parce que le sommet de la tête n’était pas complètement entouré par les nerfs, et aussi afin que l’impression des sensations reçues de chaque côté fût transmise dans

  1. Voyez ici les observations de Galien, De placitis Hippoc. et Platon. VI.