Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/760

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le corps entier. Après cela ils préparèrent des conduits pour les humeurs, [78a] d’une façon que nous comprendrons plus aisément, quand nous aurons auparavant établi que tout ce qui est composé d’éléments plus petits triomphe de ce qui est composé d’éléments plus grands, et que les composés de grands éléments ne peuvent triompher des composés de petits ; que de tous les corps il n’en est aucun dont les parties soient aussi petites que celles du feu, de sorte qu’il traverse l’eau, la terre, l’air, tous leurs composés, et que nul d’entre eux ne peut résister à son action. Or il faut admettre que la même chose se passe dans notre ventre, qu’il retient les aliments et les boissons [78b] lorsqu’ils y tombent ; mais qu’il ne peut retenir l’air et le feu dont les parties sont plus petites que celles dont il est lui-même composé. Dieu se servit de l’air et du feu pour faire passer les humeurs du ventre dans les veines ; il en tressa un filet, semblable à une nasse, ayant à son entrée deux bourses, dont l’une était divisée en deux parties[1] ; à partir de ces bourses, il étendit circulairement une sorte de cordons jusqu’au fond du filet et dans

  1. Ce filet est le poumon ; les deux bourses sont l’œsophage et la trachée-artère, laquelle se divise près du poumon en deux rameaux ou bronches.