Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/762

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d’avoir lieu [78e] tant que l’animal mortel subsiste. Celui qui a nommé cet appareil lui a donné le nom d’aspiration et de respiration. C’est tout ce travail de notre corps, ce sont ces divers phénomènes qui l’entretiennent, le rafraîchissent, l’alimentent et le font vivre ; car, chaque fois que ce mouvement d’aspiration et de respiration a lieu, le feu qui est attaché au dedans de nous le suit, pénètre dans le ventre qu’il ne cesse de parcourir, s’empare [79a] des aliments et des breuvages, les dissout, les réduit en petites parties, les entraîne avec lui par les issues qu’il traverse, Les répand de cette source dans les veines comme dans des canaux, et fait couler par tout le corps, comme par un aqueduc, les ruisseaux que contiennent les veines[1].

Recherchons encore les causes qui rendent le phénomène de la respiration tel que nous le voyons aujourd’hui. Les voici. [79b] Comme il n’existe point de vide dans lequel puissent pénétrer les corps en mouvement, et que nous exhalons de l’air hors de nous, il est évident pour tout le monde que cet air ne s’échappe pas dans le vide, mais qu’il repousse l’air environnant de la place qu’il occupe ; ainsi repoussé, celui-ci chasse à

  1. Sur cette théorie de la respiration, voyez les critiques d’Aristote, De partib. animal. III, 6.