Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/765

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que ces mouvements sont semblables ; car, tandis que des premiers sons plus rapides sont déjà sur le point de s’éteindre et se mettent à l’unisson, il survient des sons plus lents, [80b] qui s’ajoutent à ceux qui les ont précédés, et dont ils continuent le mouvement ; ils ne troublent pas le premier mouvement par le nouveau qu’ils produisent, mais ils mettent d’accord le mouvement plus lent qui commence avec le mouvement plus rapide qui finit, et composent ainsi avec un ton aigu et un ton grave une résultante qui cause du plaisir au vulgaire, et aux sages une joie véritable, parce qu’en des mouvements mortels elle leur rappelle l’harmonie divine. Quant au cours des eaux, [80c] à la chute de la foudre et aux phénomènes d’attraction qu’on admire dans l’ambre et dans les pierres d’Héraclée[1], il n’y a dans aucun de ces objets une vertu particulière ; mais comme il n’existe pas de vide, ils agissent les uns sur les autres, changent entre eux de place et sont tous mis en mouvement par suite des dilatations et des concrétions qu’ils éprouvent : quiconque étudiera les faits avec exactitude, se convaincra que tous ces phénomènes étonnants sont dus à ces influences réciproques.

[80d] C’est donc de cette façon et par ce moyen,

  1. Voyez, sur l’aimant, le passage classique de l’Ion.