Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/766

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ainsi que nous l’avons montré dans ce qui précède, que s’accomplit la respiration, point de départ de tout ce discours : le feu dissout les aliments ; il s’agite dans l’intérieur du corps en suivant le mouvement de la respiration ; par cette agitation il remplit les veines de ce que le ventre contenait, en puisant dans le ventre ce qui s’y dissout ; et c’est ainsi que des courants chargés d’aliments parcourent le corps entier de tous les animaux. Les aliments que nous venons de dissoudre, et qui sont des parties de fruits ou d’herbes ; [80e] car Dieu nous a donné les fruits et les herbes dans le même but, celui de nous nourrir ; ces aliments lorsqu’ils sont mêlés, présentent des couleurs très diverses ; mais la couleur rouge domine, parce qu’elle provient de la dissolution que le feu a opérée, et de l’empreinte qu’il a laissée dans l’humeur. La couleur du fluide qui coule par tout le corps présente donc l’aspect que nous avons décrit. Nous l’appelons le sang ; il alimente les chairs et tout le corps ; [81a] et, en arrosant toutes les parties, il remplit les places qui se vident. Le mode de réplétion et d’évacuation est le même que celui d’après lequel tout mouvement se fait dans l’univers : le semblable se porte vers son semblable. Les corps qui nous environnent au dehors ne cessent de dissoudre le nôtre et d’en disperser les parties,