Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/770

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éléments secondaires du corps humain, alors ils se corrompent. Dans l’ordre naturel, la chair et les nerfs naissent du sang, à savoir, les nerfs des fibres à cause de l’analogie de leur nature ; [82d] et la chair, du sang qui s’épaissit quand il est séparé des fibres : des nerfs et de la chair naît à son tour cette matière visqueuse et grasse qui sert à la fois à unir les os à la chair et à nourrir et accroître les os qui contiennent la moelle ; composée des triangles les plus purs, les plus polis et les plus brillants, elle passe à travers l’épaisseur des os, et ainsi distillée elle tombe goutte à goutte et entretient [82e] la moelle. Quand tout cela se passe de la sorte, il en résulte ordinairement la santé ; et la maladie quand c’est le contraire. En effet, lorsque la chair est viciée et pousse dans les veines la liqueur corrompue qu’elle sécrète, avec l’air se répand alors dans les veines une abondance de sang de diverses espèces, de différentes couleurs, d’une saveur amère, aigre et salée, et il se forme de la bile, des humeurs ou des pituites ; car toutes ces choses une fois détournées de leur nature et corrompues, infectent d’abord le sang, se portent çà et là dans les veines, [83a] sans fournir au corps sa nourriture accoutumée, et faute de conserver l’ordre naturel des mouvements, au lieu de se servir réciproquement, ne font plus