Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/773

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de lien entre eux et les chairs ; quand, par la mauvaise nourriture, elle est devenue, de brillante, douce et visqueuse qu’elle était, acerbe, salée, aride, alors ainsi transformée elle se retire dans les chairs et dans les nerfs et abandonne les os ; [84b] les chairs, perdant leur base fondamentale, laissent les nerfs à nu au milieu de cette liqueur salée, et, emportées elles-mêmes dans le mouvement du sang, augmentent les maladies dont nous avons parlé précédemment. Ce sont là de cruelles maladies du corps, et pourtant il y en a avant elles de plus graves encore. Quand l’os, à cause de l’épaisseur de la chair, n’est pas suffisamment rafraîchi par la respiration, il s’échauffe et se corrompt, se gangrène, ne reçoit [84c] plus d’aliment, se dissout et se répand dans l’humeur visqueuse, celle-ci dans la chair, la chair dans le sang, et il en résulte des maladies plus vives que celles dont nous avons déjà parlé. La pire de toutes, c’est quand la moelle est malade par excès ou par défaut ; c’est la plus terrible maladie et la plus capable de donner la mort, parce que toute l’harmonie du corps est nécessairement intervertie.

La troisième espèce de maladie doit être divisée en trois classes : [84d] l’une est produite par l’air, l’autre par la pituite, et la troisième par la bile. Ainsi, lorsque le poumon, qui dispense l’air au