Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/775

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l’air que contiennent les ampoules ; mais elle est bénigne quand elle fait éruption, et elle ne fait que couvrir le corps de dartres blanches et d’autres humeurs de cette espèce. Cette pituite, mêlée à la bile noire et se portant sur les cercles divins qui se meuvent dans la tête, trouble leur harmonie ; dérangement léger quand il arrive pendant le sommeil, [85b] mais que l’on répare difficilement lorsqu’il a lieu durant la veille. Cette maladie étant d’une nature sacrée[1] a été appelée avec raison le mal sacré[2]. La pituite aigre et salée est la cause de toutes les maladies de l’espèce des catarrhes ; elle reçoit différents noms, suivant les différents lieux dans lesquels elle se produit. Toutes les parties du corps qui sont enflammées par une pituite, sont aussi brûlées et enflammées par la bile. Lorsque la bile se porte au dehors, elle produit une éruption de pustules de toutes sortes [85c] ; comprimée au dedans, elle occasionne beaucoup de maladies inflammatoires, surtout lorsque, mêlée au sang pur, elle détourne de leur ordre régulier les fibres qui sont répandues dans le sang, afin de le faire participer, dans une mesure égale, de la ténuité et de l’épaisseur, de peur que, trop limpide, il ne

  1. Parce que son siége est la tête, qu’habite la partie divine de l’âme.
  2. L’épilepsie.