Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/779

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salées, et toutes les humeurs amères et bilieuses qui traversent le corps, ne font plus éruption au dehors, et retenues à l’intérieur mêlent leurs émanations [87a] aux mouvements de l’âme, et lui donnent des maladies de toute sorte, plus ou moins graves et nombreuses, suivant le nombre et l’importance de ces émanations. Portées dans les trois séjours que l’âme habite[1], quel que soit celui dans lequel elles tombent, elles y causent des tristesses et des chagrins de toute espèce, elles y causent l’audace et la lâcheté, et rendent l’homme oublieux et stupide. Joignez à cette influence du corps sur l’esprit [87b] l’exemple des actes publics et les discours qui ont lieu dans les villes soit en particulier soit devant le peuple ; ajoutez qu’on ne nous enseigne dans notre enfance aucune doctrine qui serve de remède à tout cela, et vous comprendrez que tous ceux d’entre nous qui sont mauvais, le deviennent pour deux causes tout à fait indépendantes de leur volonté. Il faut s’en prendre aux parents plutôt qu’aux enfants, et aux instituteurs plutôt qu’aux élèves. Chacun doit donc s’efforcer autant que possible d’éviter le vice et de s’attacher à la vertu au moyen de l’étude, de la science et d’une bonne discipline.

  1. La tête, la poitrine et le ventre.