Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/78

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SOCRATE.

Maintenant, au nom des dieux, laissons là les dieux ! Il n’est point de sujet que je redoute si fort. Du reste, attaque-moi sur tout ce qu’il te plaira, tu apprendra» ce que valent les coursiers d’Euthyphron[1].

HERMOGÈNE.

Je le veux bien, pourvu que tu me répondes encore à une question sur Hermès[2], puisque Cratyle s’avise de me contester que je sois bien Hermogène (fils d’Hermès), Examinons donc le sens de ce mot Hermès, pour voir s’il a raison.

SOCRATE.

Sûrement ce nom doit avoir trait à la parole et au discours ; car les divers attributs d’Hermès, interprète, ἑρμηνεύς, messager, rasé voleur, séduisant discoureur, protecteur des marchés publics, tout cela se rapporte à la puissance de la parole. Or, comme nous l’avons déjà observé précédemment, le mot εἰρειν désigne l’exercice de la parole. De plus, le mot ἐμήσατο, qu’emploie souvent Homère, signifie inventer. Ainsi, en considération de ces deux choses, la parole et l’invention de la parole, et attendu

  1. Parodie d'un vers d'Homère. Iliade, liv. V, v. 221.
  2. Mercure.