Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/782

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quilibre et conservent [88c] la santé. Ainsi, le savant ou celui qui s’applique sérieusement à quelque travail intellectuel, doit donner de l’exercice à son corps, en se livrant à la gymnastique ; et celui qui prend soin de son corps, doit exercer son esprit par l’étude de la musique et de toutes les connaissances philosophiques, si l’un et l’autre veulent mériter à la fois le titre de beau et celui de bon. Il faut prendre un soin égal de toutes les parties de soi-même si on veut imiter l’harmonie [88d] de l’univers. Comme les aliments qui entrent dans le corps le brûlent intérieurement et le refroidissent, que les objets extérieurs le dessèchent et le pénètrent d’humidité, et que cette double influence lui fait éprouver des effets semblables, si on se tient en repos et qu’on abandonne son corps à ces mouvements étrangers, il est vaincu et détruit, à moins qu’on n’imite celle que nous avons appelée la nourrice et la mère de l’univers[1], et que loin de laisser jamais le corps en repos, on ne le meuve et on ne l’agite sans cesse tout entier, de manière à établir l’équilibre naturel [88e] entre le mouvement intérieur et le mouvement extérieur, et à conserver, au moyen d’un exercice modéré, un ordre régulier et conforme à la nature dans les parties

  1. La matière primitive.