Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/852

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comme le veulent les alexandrins et Proclus leur représentant ? C’est ce que nous examinerons ailleurs. Ici nous ne sommes aux prises qu’avec les difficultés de détail que le texte peut présenter. Or, il faut le dire, depuis le commencement du xixe siècle, ces difficultés, si grandes autrefois, ont peu à peu cédé aux travaux de Schleiermacher et de Heindorf, qui ont servi de fondement à l’édition de Bekker. Après ces maîtres habiles, à peine avons-nous trouvé quelques points de peu d’importance sur lesquels la critique pût encore s’exercer.


Page 14. — Eh bien ! crois-tu que l’idée soit tout entière dans chacun des objets qui en participent, tout en étant une ? ou bien quelle est ton opinion ? — Et pourquoi l’idée n’y serait-elle pas ? répondit Socrate. — Ainsi, l’idée une et identique serait à la fois tout entière en plusieurs choses séparées les unes des autres, et par conséquent elle serait elle-même hors d’elle-même ? — Point du tout, reprit Socrate ; car, comme le jour, tout en étant un seul et même jour, est en même temps dans beaucoup de lieux sans être pour cela séparé de lui-même, de même chacune des idées sera en plusieurs choses à la fois sans cesser d’être une seule et même idée. — Voilà, Socrate, une ingénieuse manière de faire que la même chose soit en plusieurs lieux à la fois ; comme si tu disais qu’une toile dont on couvrirait à la fois plusieurs hommes, est tout entière en plusieurs : n’est-ce pas à peu près ce que tu veux dire ? — Peut-être. — La toile serait-elle donc tout entière au-dessus de chacun, ou bien seulement une partie ? — Une partie. — Donc, Socrate, les idées sont elles-mêmes divisibles, et les objets qui participent des idées ne participent que d’une partie de chacune, et chacune n’est pas tout entière en chacun, mais seulement une partie. — Cela paraît clair. — Voudrais-tu donc dire, Socrate, que l’idée, qui est une, se divise en effet, et qu’elle n’en reste pas moins une ? Bekker, p. 12 : πότερον οὖν δοϰεῖ σοι ὅλον τὸ εἶδος, etc.