Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/902

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Distinction du feu et de la lumière, de l’air et de l’éther ; formation de l’eau, du froid, de la glace, des métaux, de la grêle, de la neige, de la gelée, de la rosée, etc. On ne lira pas sans intérêt, même aujourd’hui, cette physique et cette météorologie, que Platon termine ainsi, p. 174 : « Il ne serait pas difficile de décrire encore d’autres phénomènes de cette nature, en cherchant toujours la vraisemblance ; et celui qui, pour se délasser, laissant de côté l’étude de ce qui est éternel, et discourant avec vraisemblance sur ce qui a un commencement, se procure ainsi un plaisir sans remords, celui-là se ménage durant sa vie un amusement sage et modéré. » La physique purement expérimentale ne paraissait à Platon qu’un sage délassement ; il eût pensé tout autrement de la physique mathématique, si elle eût été connue de son temps, et il s’explique bien différemment sur l’astronomie. Son génie était particulièrement porté vers les mathématiques, vers la recherche des lois et des idées en tout genre ; et c’est parce que le temps n’était pas venu de trouver de véritables lois en physique, en météorologie et en histoire naturelle, qu’il s’est moins occupé de ces sciences, bien qu’il en sut tout ce qu’on en savait en son siècle, et que le Timée atteste même des combinaisons ingénieuses. Au contraire, Aristote était moins versé dans les sciences mathématiques et dans l’astronomie : son domaine était tout ce qui tombe sous l’expérience. Fils d’un habile médecin, lui-même grand naturaliste, il a produit d’abord une école de naturalistes et de physiciens, tandis que c’est à Platon et aux pythagoriciens que se rattachent les mathématiciens et les astronomes de l’antiquité.