Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/942

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mais l'homme qui ne vit point conformément aux règles de la justice.

Dans nos recherches sur les lois nous avons jugé qu'en tout le reste il était facile de connaître et de procurer aux hommes leur plus grand bien, et qu'il n'est personne qui ne puisse comprendre et mettre en pratique ce que nous avons dit, pourvu qu'il sache distinguer l'utile du nuisible : nous avons jugé, dis-je, [979c] et nous jugeons encore que tout ce qui concerne les autres devoirs n'a pas beaucoup de difficulté ; mais d'apprendre comment on devient homme de bien est chose difficile. En effet ce que nous avons prescrit pour l'acquisition des autres biens est possible et même aisé. On sait assez quelles sont dans les richesses les bornes du nécessaire et du superflu, comment il faut que le corps soit ou ne soit point affecté. Quant à l'âme, tout le monde est d'accord qu'elle doit être bonne : on convient aussi que pour être bonne il faut qu'elle soit juste, tempérante, forte; chacun dit encore qu'elle doit être sage. Mais de quelle sagesse ? C'est sur quoi, [979d] comme nous l'avons vu tout à l'heure, les sentiments sont si partagés qu'à peine trouve-t-on deux personnes qui soient de même avis. Maintenant outre les autres espèces de sagesse dont on a parlé, nous venons d'en découvrir une qui n'est pas moins propre que toutes les autres à donner l'apparence d'un homme sage à celui qui posséderait la science que nous avons exposée. Mais serait-il véritablement sage et vertueux ? C'est ce qu'il nous faut examiner.

CLINIAS. Étranger, tu as eu bien raison de dire que tu allais nous entretenir de grandes choses d'une manière proportionnée au sujet.

[979e] L'ATHÉN. Oui, mon cher Clinias, ce sont de grandes