Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/968

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sur le même point, nous nous entendrons plus aisément. Veux-tu donc poursuivre notre recherche en m'interrogeant, ou préfères-tu me répondre ?

L'AMI. Je le veux bien, Socrate, et je te répondrai sur ce que tu voudras.

SOCR. Eh bien donc! penses-tu que le juste est injuste et que l'injuste est juste, ou bien que le juste est juste, et l'injuste injuste?

L'AMI. Je crois que le juste est juste et l'injuste [316a] injuste.

SOCR. Et tout le monde croit cela comme nous?

L'AMI. Oui.

SOCR. Même chez les Perses ?

L'AMI. Même chez les Perses.

SOCR. Et toujours?

L'AMI. Toujours.

SOCR. Pense-t-on parmi nous que ce qui pèse plus est plus lourd, et ce qui pèse moins plus léger? Ou bien croit-on le contraire ?

L'AMI. Non, vraiment. Ce qui pèse plus est plus lourd, et ce qui pèse moins plus léger.

SOCR. Même à Carthage et à Lycée ?

L'AMI. C'est la même chose.

SOCR. Partout on convient [316b] que le beau est beau et le laid laid; nulle part que le laid est beau, et le beau laid.

L'AMI. Assurément.

SOCR. Ne pense-t-on pas enfin dans tous les pays, comme ici, que ce qui est est ce qu'il est et non ce qu'il n'est pas ?

L'AMI. Je le crois.

SOCR. Celui qui ne connaît pas ce qui est ne connaît donc pas ce qui est légitime.

L'AMI. Ainsi, Socrate, d'après ce que tu dis, ce qui est