Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/131

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CONGRION. Eh bien, alors, vous avez du bois ; inutile d’en aller chercher.

STAPHYLA. Ah çà, maraud, tout suppôt de Vulcain que tu es, tu ne veux pas, je pense, pour faire cuire ton dîner ou pour gagner ton salaire, mettre le feu à notre maison ?

CONGRION. Certes non.

STROBILE, à Staphyla. Fais-les entrer.

STAPHYLA. Venez. (Ils entrent.)



SCÈNE III. - PYTHODICUS, sortant de chez Mégadore.


Faites votre besogne ; moi j'aurai l’œil sur les cuisiniers, et ce n’est pas aujourd’hui une petite affaire. Je ne vois qu’un moyen : c’est de les faire cuisiner au fond d’un puits, et de monter ensuite les mets dans des corbeilles. Oui, mais s’ils mangent à mesure qu’ils apprêtent, on se serrerait le ventre en haut tandis qu’on dînerait en bas. Eh ! je m’amuse à bavarder, comme si je n’avais rien à faire, avec ces larronneaux dont notre maison est pleine. (Il sort.)



SCÈNE VIII. — EUCLION, CONGRION.


EUCLION, seul. Je voulais aujourd’hui prendre mon grand courage et me régaler aux noces de ma fille. Je vais au marché, je demande des poissons ; on me les fait cher ; l’agneau, le bœuf, le veau, le thon, le porc, tout était fort cher, et d’autant plus hors de prix que je n’avais pas d’argent. Je pars tout en colère, puisque je ne peux rien achètera J’ai joliment attrapé toute cette racaille. Puis, chemin faisant, je me suis mis à réfléchir : « Si tu jettes l’argent par la fenêtre un jour de fête, le lendemain tu tireras la langue d’un pied de long, pour n’avoir pas su épargner. » Après avoir ainsi parlé à mon esprit et à mon estomac, j’en suis revenu à mon premier avis, de dépenser le moins possible pour ce mariage. J’ai donc acheté cette pincée d’encens et ces couronnes de fleurs ; on les offrira au dieu Lare, dans notre foyer, pour qu’il bénisse l’union de ma fille. Mais que vois-je ? la porte ouverte ! et quel vacarme là dedans ! Malheureux ! ne serait-ce pas qu’on me pille ?

CONGRION, dans la maison. Emprunte, si tu peux, une plus grande marmite à quelque voisin. Celle-ci est bien petite. Elle ne tient pas assez.

EUCLION. Ah ! c’est fait de moi ; on me vole mon or, on cherche la marmite. Je suis mort, si je ne cours bien vite au logis. Apollon, par grâce, protège-moi, secours-moi ; perce de tes flèches ces voleurs de trésors ; déjà tu m’as protégé dans une circonstance semblable. Mais quoi ! je perds mon temps ici au lieu de courir avant que ma ruine soit complète ! (Il entre dans la maison.)