Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/19

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NOTICE SUR AMPHITRYON.


Tout le monde a lu l’Amphitryon de Molière, et tout le monde, par conséquent, connaît l’Amphitryon qui fit longtemps les délices de Rome : non pas que les caractères, le style, soient exactement les mêmes dans les deux pièces ; mais la marche de l’intrigue, les incidents, les péripéties ont été reproduites avec assez de fidélité par le poëte français. Molière n’a ajouté qu’un seul personnage, Cléanthis, la femme de Sosie ; mais ni son Jupiter, ni son Amphitryon, ni son Mercure, ni son Sosie, ne ressemblent à ceux de Plaute. Autant les manières, les propos, les sentiments même sont peu raffinés chez le comique latin, autant ils sont distingués, spirituels et souvent nobles chez le comique français. Rien de plus attachant et de plus instructif à la fois que la lecture comparée des deux pièces ; rien ne montre d’une façon plus saisissante les procédés d’imitation que sait employer le génie sans rien perdre de son originalité. Aussi, même en tenant grand compte de la différence des temps, et des goûts assurément très-divers des spectateurs, on ne saurait contester que l’Amphitryon de Molière ne soit de beaucoup supérieur à celui de Plaute. Plaute cependant a prodigué dans cette comédie l’esprit, l’entrain, la gaieté ; mais sa verve y est parfois un peu triviale, et ses plaisanteries un peu crues pour un lecteur moderne.

Déjà, avant Molière, Rotrou, dans sa jolie comédie intitulée les Sosies, avait imité, ou plutôt en grande partie traduit, l’Amphitryon de Plaute ; mais il avait eu la mala-