Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/191

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SCÈNE VIII. — CLÉOMAQUE, NICOBULE, CHRYSALE.


CLÉOMAQUE, sans voir Nicobule et Chrysale. Ainsi ce Mnésiloque, fils de Nicobule, veut retenir de force une femme qui est à moi ? Que signifie cette prétention ?

NICOBULE, à Chrysale. Qui est cet homme ?

CHRYSALE, à part. Le militaire ne pouvait venir plus à propos.

CLÉOMAQUE. Il croit avoir affaire non pas à un soldat, mais à une femme incapable de se défendre, elle et les siens. Ah ! que jamais Bellone et Mars n’écoutent mes serments, si je ne l’extermine dès que je le rencontrerai et si je ne lui arrache l’âme du corps.

NICOBULE. Chrysale, qu’est-ce donc que cet homme qui menace mon fils ?

CHRYSALE. C’est le mari de celle qui est couchée près de Mnésiloque.

NICOBULE. Son mari ?

CHRYSALE. Oui, son mari.

NICOBULE. Eh quoi ! c’est une femme mariée ?

CHRYSALE. Vous le saurez tout à l’heure.

NICOBULE. Ah ! je n’en peux plus !

CHRYSALE. Eh bien ! maintenant, est-ce un scélérat que ce pauvre Chrysale ? Allons, faites-le enchaîner, écoutez votre fils. Ne vous ai-je pas dit que vous sauriez à quoi vous en tenir sur son compte ?

NICOBULE. Que faire ?

CHRYSALE. Ordonnez qu’on me détache à l’instant, car si l’on ne me détache pas, il va le prendre sur le fait.

CLÉOMAQUE. Je donnerais tout au monde pour les trouver couchés ensemble et les tuer tous les deux.

CHRYSALE. Vous l’entendez ? et vous ne me faites pas délier ?

NICOBULE. Déliez-le ; oh ! malheureux que je suis ! je meurs de frayeur.

CLÉOMAQUE. Quant à cette coquine, qui fait de son corps métier et marchandise, elle apprendra qu’il ne fait pas bon se jouer de moi.

CHRYSALE. Avec un peu d’argent, vous pourriez vous accommoder avec lui.

NICOBULE. Arrange donc cela, je t’en prie, comme tu voudras, pourvu qu’il n’aille pas le prendre en flagrant délit et le tuer.