Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/198

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qu’il faut en passer par là, à quoi bon tergiverser ? C’est quatre cents philippes d’or que je vais chercher, deux cents que j’ai promis, hélas ! au militaire, et ces deux cents autres. Reste ici, Chrysale, je reviens à l’instant. (Il sort.)

CHRYSALE. On saccage Troie ; l’élite des guerriers renverse Pergame. Je savais bien que je ruinerais cette Ilion. Par ma foi, si l’on voulait gager avec moi que je mérite tous les supplices, je n’oserais tenir le pari ; ai-je tout mis sens dessous !… Mais la porte s’ouvre ; on fait sortir de Troie le butin. Taisons-nous.

NICOBULE. Prends cet or, Chrysale, et tu le porteras à mon fils. Moi, je me rends sur la place, pour payer le militaire.

CHRYSALE. Je ne prendrai rien ; cherchez un autre commissionnaire. Je ne veux pas qu’on me confie rien.

NICOBULE. Prends donc ; tu es insupportable.

CHRYSALE. Non, vous dis-je, je n’en veux point.

NICOBULE. Je t’en prie.

CHRYSALE. Je vous dis ce qui en est.

NICOBULE. Tu nous fais perdre bien du temps.

CHRYSALE. Je ne veux pas, vous dis-je, me charger de cet or. Ou bien envoyez avec moi quelqu’un qui me surveille.

NICOBULE. Ah ! à la fin, tu m’impatientes.

CHRYSALE. Donnez donc, puisqu’il le faut.

NICOBULE. Fais vite ; je reviens dans un instant. (Il sort.)



SCÈNE XII. — CHRYSALE.


L’affaire est claire ; te voilà bien le plus mal loti de tous nos vieillards. C’est là ce qu’on peut appeler conduire une entreprise à bon port ; je me retire chargé de butin, avec les honneurs du triomphe. J’ai sauvé nos hommes, j’ai pris par ruse la ville ennemie, et je ramène toute notre armée saine et sauve. Vous, spectateurs, ne vous étonnez pas de ne pas me voir mener la pompe triomphale ; c’est trop commun, je n’y tiens pas. Toutefois, les soldats se régaleront de bon vin. Et maintenant, allons porter le butin chez le questeur. (Il sort.)



SCÈNE XIII. - PHILOXÈNE.


Plus je réfléchis sur les désordres de mon fils, sur la vie qu’il mène, sur les fautes où son étourderie le précipite, plus je