Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/211

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NOTICE SUR LES CAPTIFS.


La comédie des Captifs est assurément, au point de vue moral, celle qui fait le plus d’honneur à Plaute. Est-ce celle qui plaisait le plus aux Romains ? Il est permis d’en douter, parce qu’il n’y en a aucune qui soit citée moins souvent par les anciens. On ne voit dans les Captifs ni courtisanes, ni entremetteuses, ni marchands d’esclaves, rien en un mot qui rappelle ce que nos grands-pères nommaient, par une contrariété bizarre, un lieu d’honneur. Il n’y a même pas de femme du tout dans la pièce, et par conséquent, comme dit le prologue même, aucun de ces vers dont on a honte de se souvenir : c’était un mérite assez rare pour que Plaute fût tenté de s’en vanter. Le dévouement d’un esclave pour son maître est le fond de l’intrigue, dont les développements ne sont pas toujours vraisemblables ; une figure bouffonne de parasite vient de temps en temps dérider les spectateurs, dont les yeux, à certains vers pathétiques, devaient se mouiller de larmes. Il est impossible en effet d’imaginer un personnage plus noble, plus généreux que cet esclave qui, menacé de tous les supplices lorsque l’évasion est découverte, et déjà tout chargé de chaînes, compte pour rien les souffrances qui l’attendent, et sans bravade, sans forfanterie, avec une calme dignité, accepte la mort même du moment où elle est le prix du devoir accompli.

On ne sait pas si le sujet des Captifs a été emprunté par Plaute à un poëte grec ; ce qu’il y a de certain, c’est qu’au-