Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/257

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CASINA.




PROLOGUE.

Salut à vous, spectateurs honnêtes, qui avez tant d’estime pour la Bonne Foi ! elle vous le rend bien. Si j’ai dit vrai, donnez-moi une preuve bien claire qui m’assure tout d’abord de votre bienveillance. Ceux qui boivent du vieux vin sont des sages, à mon avis, et aussi ceux qui se plaisent aux vieilles comédies. Puisque les ouvrages et le style des anciens vous charment, vous devez aimer aussi les anciennes pièces. Celles qui paraissent de nos jours valent encore moins que la nouvelle monnaie[1]. La voix publique nous a instruits de votre goût pour les comédies de Plaute ; aussi nous vous donnons une de ses vieilles pièces que déjà vous avez applaudie, vous qui êtes d’un âge respectable : quant aux jeunes gens, ils ne la connaissent pas, j’en suis certain. Nous ferons donc de notre mieux pour la leur faire connaître. Lorsqu’on la représenta pour la première fois, elle emporta le prix sur toutes les autres. En ce temps-là brillait la fleur de nos poètes ; ils sont allés où nous irons tous. Mais, tout morts qu’ils sont, ils ne sont pas inutiles aux vivants. Aussi je vous supplie instamment d’accorder à notre troupe toute votre attention. Éloignez de vos esprits les soucis et les dettes ; que nul de vous ne pense avec effroi à son créancier. C’est jour de fête, les banquiers ont congé comme les autres. Tout est calme, les alcyons planent autour du forum. Ils savent leur compte, ces banquiers : pendant les jeux, ils ne réclament rien de personne ; après les jeux, ils ne rendent rien. Si vos oreilles sont libres, écoutez-moi bien ; je vais vous dire le nom

  1. Pendant les guerres Puniques le poids de l’as avait été singulièrement diminué.