Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/259

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cause de moi, un Apulien. Quoi ! vous ne dites rien ! allons, je le vois, personne n’a soif. Je reviens donc à cette enfant trouvée, que les deux esclaves se disputent avec tant d’ardeur. On la reconnaîtra pour une honnête fille, de condition libre, citoyenne d’Athènes, et elle ne fera rien de malséant, du moins dans cette comédie. Mais après, quand la pièce sera finie, si l’on veut lui donner de l’argent, j’ai bien peur qu’elle n’épouse sur-le-champ sans attendre les auspices.

J’ai fini ; portez-vous bien, réussissez et triomphez par votre vraie valeur, comme vous avez fait jusqu’à ce jour.


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ACTE I.


SCÈNE I. — OLYMPION, CHALINUS.

OLYMPION. Eh ! ne pourrai-je donc jamais m’entretenir de mes affaires, les ruminer, tout seul, à ma fantaisie, sans t’avoir sur mes talons ? Pourquoi me suis-tu, mauvais garnement ?

CHALINUS. Parce que je suis décidé à te suivre, comme ton ombre, partout où tu iras. Et, par ma foi, si tu veux aller à la potence, eh bien je te suivrai encore. Ainsi juge si, avec tes finesses, tu peux m’enlever Casina, comme c’est ton dessein.

OLYMPION. Qu’ai-je à démêler avec toi ?

CHALINUS. Que dis-tu, impertinent ? Et pourquoi s’en vient-il rôder à la ville, ce vaurien de fermier ?

OLYMPION. C’est mon bon plaisir.

CHALINUS. Ne serais-tu pas mieux aux champs, dans ton domaine ? Ne ferais-tu pas mieux de surveiller les travaux qui te sont confiés, et de laisser en paix les gens de la ville ? Que viens-tu ici m’enlever ma femme ? Retourne à la campagne, maraud, va reprendre ton gouvernement.

OLYMPION. Chalinus, je n’ai pas oublié mon devoir. J’ai mis à .ma place quelqu’un qui fait bonne garde en mon absence. Je suis venu à la ville, c’est vrai ; mais quand j’aurai obtenu la main de celle qui te tourne la tête, de cette Casina si gentille et si mignonne, ta compagne d’esclavage, quand je l’aurai ramenée aux champs pour y être ma femme, sois tranquille, je ne/bougerai plus de mon poste.

CHALINUS. Toi, son mari ! Par Hercule, je me pendrais plutôt que de la voir dans tes mains.