Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/271

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OLYMPION. Je ne sais où j’en suis. J’étouffe ; mon cœur se gonfle d’anxiété et bat à me rompre la poitrine.

CLÉOSTRATE. Je tiens un sort.

STALINON. Retire-le.

CHALINUS. Suis-je mort ?

OLYMPION. Faites voir… c’est le mien.

CHALINUS. C’est la peste.

CLÉOSTRATE. Tu es battu, Chalinus.

STALINON. Eh bien, Olympien, nous avons bien fait de vivre.

OLYMPION. Oui, grâce à mes vertus et à celles de mes ancêtres.

STALINON. Rentre, ma femme, et prépare la noce.

CLÉOSTRATE. Vos ordres seront suivis.

STALINON. Sais-tu qu’il y a loin d’ici jusqu’à la ferme où il doit conduire sa femme ?

CLÉOSTRATE. Je le sais.

STALINON. Rentre, et, bien que cela te fasse mal au cœur, ne néglige rien.

CLÉOSTRATE. C’est entendu. (Elle sort.)

STALINON. Entrons aussi, et faisons en sorte qu’on se dépêche.

OLYMPION. Je ne vous retarderai pas.

STALINON. Je ne veux rien dire de plus devant celui-ci. (Ils sortent.)


SCÈNE VII. — CHALINUS.

Mettons que je me pende maintenant, je perdrai ma peine, et avec ma peine l’argent de ma corde, et je réjouirai le cœur de mes ennemis. À quoi bon, puisque je suis déjà mort ? Le sort m’a vaincu. Casina épouse le fermier. Eh ! ce qui me chagrine le plus, ce n’est pas la victoire de ce rustre, c’est toute la peine que s’est donnée le vieillard pour me faire refuser Casina et la marier à cet imbécile. Comme il se démenait ! comme il s’agitait d’angoisse ! comme il a sauté de joie en voyant gagner son fermier ! Oh ! retirons-nous par ici ; j’entends s’ouvrir cette brave porte, qui charitablement m’avertit : on sort de chez nous. Je veux les épier de cette cachette.


SCÈNE VIII. - OLYMPION, STALINON, CHALINUS.

OLYMPION. Qu’il vienne seulement à la campagne, et je vous le renvoie à la ville le cou dans une fourche, comme un vrai charbonnier.