Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/277

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CLÉOSTRATE. Eh ! mon cher mari, ce n’est pas aux honnêtes femmes, mais bien aux courtisanes d’être engageantes avec les autres hommes. Va l’appeler, toi ; et pendant ce temps, cher époux, je vais donner un coup d’œil à la maison.

STALINON. Fais donc vite.

CLÉOSTRATE. J’y vais. (À part.) Je veux lui mettre la peur dans l’âme ; vieux libertin, je te rendrai la vie dure aujourd’hui. (Elle sort.)


SCÈNE IV. — ALCÉSIME, STALINON.

ALCÉSIME, sans voir Stalinon. Voyons s’il est revenu de la place, ce bel amoureux, ce vieux fou qui s’est joué de ma femme et de moi… Justement, le voilà devant chez nous… J’allais chez toi de ce pas.

STALINON. Et moi, chez toi. Eh bien ! homme de rien, que t’avais-je recommandé ? de quoi t’avais-je prié ?

ALCÉSIME. Qu’y a-t-il ?

STALINON. Comme tu m’as laissé ta maison libre ! comme tu as envoyé ta femme chez nous ! M’as-tu fait manquer une assez belle occasion, dont j’enrage ?

ALCÉSIME. Va te pendre. Tu m’avais dit que ta femme viendrait chercher la mienne.

STALINON. Eh bien, elle dit qu’elle est venue, et que tu n’as pas voulu laisser aller ta femme.

ALCÉSIME. Eh ! c’est la tienne qui m’a dit qu’elle n’avait besoin de personne.

STALINON. Enfin elle m’envoie la chercher moi-même.

ALCÉSIME. Je n’y tiens guère.

STALINON. Mais tu me perds !

ALCÉSIME. Mais tant mieux ! Mais je saurai te faire attendre ; mais j’ai envie, mais, de te chagriner, mais j’en serais tout heureux. Mais, mais… avec tous tes mais ce n’est pas moi qui aurai le dessous. Mais, par Hercule, que les dieux t’écrasent à la fin !

STALINON. Quoi donc ? ne laisseras-tu pas venir ta femme ?

ALCÉSIME. Prends-la, et va te pendre avec elle, et avec la tienne, et avec ta belle amie, par-dessus le marché… C’est bon, va-t’en, et n’y pense plus ; je vais envoyer ma femme chez vous ; elle passera parle jardin. (Il sort.)

STALINON. Enfin tu agis en véritable ami. Mais sous quelle