Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/290

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viens-tu dans cet appareil ? Qu’as-tu fait de ton bâton, de ton manteau ?

UNE SERVANTE. Il les a perdus, je pense, en faisant l’amour avec Casina.

STALINON. Je suis mort !

CHALINUS, à Stalinon. Ne retournons-nous pas au lit ? Je suis votre petite Casina.

STALINON. La peste t’étrangle !

CHALINUS. Vous ne m’aimez donc pas ?

CLÉOSTRATE. Réponds, qu’as-tu fait de ton manteau ?

STALINON. Par Hercule, femme, des bacchantes, oui… oui. des bacchantes, de vraies bacchantes, femme, par Hercule…

UNE SERVANTE. Il sait bien qu’il ment ; ce n’est pas le moment des bacchanales.

STALINON. Je n’y pensais pas… pourtant c’étaient bien des bacchantes.

CLÉOSTRATE. Comment, des bacchantes ? cela ne se peut.

UNE SERVANTE, à Stalinon. Vous êtes tout effrayé.

STALINON. Moi ?

CLÉOSTRATE. Ne mens pas ; on sait tout[1].

STALINON, à Olympion. Te tairas-tu ?

OLYMPION. Non, ma foi, je ne me tairai pas. Vous m’avez supplié de demander Casina en mariage.

STALINON. Oui, pour l’amour de toi.

CLÉOSTRATE. Non vraiment, mais bien pour l’amour d’elle, si je ne t’avais pas surpris.

STALINON. Moi, j’ai fait ce que tu dis là ?

CLÉOSTRATE. Tu le demandes ?

STALINON. Oh ça, si je l’ai fait, j’ai eu tort.

CLÉOSTRATE. Rentre d’abord, et si la mémoire te manque, je te la rafraîchirai.

STALINON. Bon ! j’aime mieux t’en croire. Mais, femme, sois indulgente pour ton mari. Myrrhine, priez Cléostrate, et si jamais j’aime Casina, s’il me vient fantaisie de l’aimer, ou si je commets quelque fredaine pareille, je veux bien, femme, que tu me suspendes à la muraille pour me fouetter à tour de bras.

MYRRHINE. Quant à moi, je suis d’avis de lui pardonner.

CLÉOSTRATE, à Myrrhine. Je suivrai votre conseil. D’ailleurs, si je vous accorde sa grâce sans trop me faire prier, c’est pour

  1. Lacune de neuf vers.