Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/299

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LA CASSETTE.




ACTE I.

SCÈNE I. — SILÉNIE, GYMNASIE, LA COURTISANE.

SILÉNIE. Jusqu’à ce jour je t’aimais, ma Gymnasie, je croyais à ton amitié et à celle de ta mère ; mais aujourd’hui, vous me l’avez bien prouvée : quand tu serais ma sœur, je ne vois pas comment tu aurais pu me témoigner plus de prévenances ; au moins, selon mon sentiment, je ne crois pas que cela soit possible : vous avez tout quitté pour vous occuper uniquement de moi ; aussi je vous aime, et vous avez acquis tous les droits à ma reconnaissance.

GYMNASIE. Certes, à ce prix, il nous est facile de rester auprès de toi et de t’offrir nos services : tu nous as si gentiment accueillies, si joliment fait diner chez toi, que nous nous en souviendrons toute notre vie.

SILÉNIE. Ç’a été de grand cœur, et ce sera toujours pour moi un bonheur d’aller au-devant de vos désirs.

LA COURTISANE. Comme dit le pilote, le vent et la marée nous ont été propices, et, sur ma foi, je suis heureuse d’être venue chez toi, puisque tu nous as reçues avec tant d’amabilité ; si ce n’est le service, je n’ai rien vu qui ne fût de mon goût.

SILÉNIE. Que veux-tu dire ?

LA COURTISANE. On me versait trop rarement à boire, et encore on me gâtait mon vin.

GYMNASIE, à sa mère. De grâce, est-ce convenable ?

LA COURTISANE. Tout ce qu’il y a de plus convenable, il n’y a point ici d’étranger.

SILÉNIE. J’ai bien raison de vous aimer ; vous me marquez tant d’estime et tant d’égards !

LA COURTISANE. Vois-tu, ma Silénie, il est trop juste que les